Celui qui ne connaît pas son passé n’a pas non plus d’avenir. Rien ne prédispose donc mieux à l’aventure de la prospective que le métier d’archéologue, et encore mieux, une passion pour la géologie. Si la première formation scientifique permet de pousser l’exploration jusqu’aux origines de la culture humaine, la seconde mène carrément jusqu’à celles de notre planète…

Au nord du Portugal, les promeneurs qui parcourent l’immense platitude de la Praia Amorosa ignorent la nature et l’ancienneté absolue des roches grisâtres curieusement abrasées qui affleurent par endroits sous le sable découvert par la marée. Ce lieu magique est pourtant unique au monde, ou presque: c’est là exclusivement que nous est offerte l’opportunité inouïe d’un contact visuel et physique direct avec le socle Précambrien du continent originel, vieux de plus de trois milliards d’années ! Par une coquetterie de la Nature, l’érosion a aussi ménagé en surface de ces affleurement rocheux – qui évoquent quelques léviathans marins enfouis – de minces sillons où elle a enchâssé des parures délicates de micro-perles de minéraux vivement colorés et de cordons de paillettes d’or natif surgies des entrailles les plus profondes de notre planète.

Au sud de la Bretagne, au large du Morbihan, les côtes de Belle-Ile-en-Mer déchiquetées par l’océan offrent au rêveur une palette géologique d’une diversité sans pareille. Parfois, l’interminable va-et-vient de la houle a remis au jour des roches surprenantes, bien loin des clichés d’une Armorique trop souvent perçue comme un monolithe granitique. Le jeu de l’érosion peut alors produire des effets graphiques aussi subtils qu’inattendus.
Çà, c’est vraiment du solide…
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